French poem
Reste belle
Que ton feu me dévore ! Plaisir ou bien effroi, Tout me ravit ; j’adore Tout ce qui vient de toi, Et la joie ou les larmes, Tout a les mêmes charmes.
Ta voix qui se courrouce, Quand j’en étais sevré, Pourtant semble plus douce À mon cœur enivré Que les chansons lointaines Qui tombent des fontaines.
Garde ta barbarie, Tes méchants désaveux ; Tu ne peux, ma chérie, Empêcher tes cheveux, Où le soleil se mire, De vouloir me sourire !
Tes pensives prunelles Ont emprunté des cieux Leurs splendeurs éternelles ; Ton front délicieux Prend en vain l’air morose, Ta bouche est toujours rose.
Malgré tes forfaitures, Les roses de l’été Ornent de lueurs pures Ta sereine beauté À ta haine rebelle. Il suffit, reste belle !
Non, ta grâce de femme, Rien ne peut la ternir ; Elle est un sûr dictame, Et tu vins pour tenir La quenouille d’Omphale Dans ta main triomphale.