French poem
La Mer Enrhumée
La mer pince parfois des rhumes étonnants Et sinistres. La nuit, elle dort toute nue, Il est vrai, sous le grand ciel de suie, et la nue Crève, glaçant son ventre et ses seins frissonnants.
Un catarrhe chronique en ses flots moutonnants Se déchaîne, s'essouffle et la vague éternue Avec un bruit rythmé de basse continue, Par vous repris en chœur, échos environnants.
Elle tousse, elle éructe et renâcle, ô phtisie De géant, redoutable en son hypocrisie, Car parfois son chant doux monte, clair, vers le ciel.
Et ce n'est certes pas un mal artificiel Où la quinteuse crache, en sa rage confuse, Ses monstrueux poumons, méduse par méduse.