Versos French Théophile Gautier Iii

French poem

Iii

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Aussi loin qu'aux clartés du plus limpide azur Que jamais sur la sphère ait tendu le ciel pur, L'œil saisit des objets les formes apparues, On découvre toujours des jardins et des rues Marquant de leurs piliers des parcours infinis, Des temples, vaste amas de marbres, de granits, Des palais de porphyre énormes et splendides, Et s'élançant des eaux de hautes pyramides Plus vieilles que le temps, et dont l'Éternité N'ébréchera jamais le profil respecté.

Cependant sur le lac tout est tumulte et joie, Et l'animation largement s'y déploie; Le commerce, l'amour et le culte des dieux Y forment un spectacle étrange et radieux. Une procession sur les marches des temples Avec ses prêtres blancs vêtus de robes amples Se développe au son des cymbales d'argent. Des embarcations au sillon diligent Descendent vers la mer, venant de ces contrées Qu'assourdissent du Nil les chutes effarées, Avec leur cargaison riche comme un trésor, Plumes, gemmes, parfums, ivoire et poudre d'or, Au passage exhalant l'odeur aromatique Que prennent les vaisseaux au soleil exotique.

Ici des pèlerins, enfants de tous pays, Avant de repartir pour Bubaste ou Saïs, Dans une baie ombreuse où l'onde est plus tranquille Poussent l'esquif léger avec la rame agile. D'autres sous les lotus bercent leur frais sommeil, Ou par des chants joyeux se tiennent en éveil. Plus loin des acacias parfument de leurs grappes Une plage où du lac fendant les claires nappes Folâtre un jeune essaim de riantes beautés En attraits surpassant les charmes si vantés De celle dont la chaîne aimable au captif même Tint deux maîtres du monde et rompit au troisième.