French poem
Iii
Il est d'autres cités dolentes Que d'autres Dante décriront; Les heures s'y traînent bien lentes, La faute a la rougeur au front.
Là gémissent les vierges folles Qui vont sans lampe dans la nuit; Les paresseuses aux mains molles Que l'éclat d'un bijou séduit;
La coupable, presque novice, Trébuchée au chemin glissant, Et toutes celles que le vice Sur son char emporte en passant.
Sans craindre pour vos pieds la fange, Vous traversez ces lieux maudits, Comme en enfer, un bel Archange Qui descendrait du Paradis.
Vous visitez dortoirs, chapelle, Et la cellule et l'atelier, Allant où chacun vous appelle Et ne voulant rien oublier.
Si, dans la triste infirmerie, Au chevet, où râle la mort, Vous trouvez une sœur qui prie, L'innocence près du remord,
Vous ployez les genoux, et l'âme, Dont l'aile bat pour le départ, Croit voir resplendir Notre-Dame A travers son vague regard.
Lorsque se tait la litanie, Vous vous penchez pour mieux saisir Sur les lèvres de l'agonie Le suprême et secret désir.
La jeune mourante, éperdue, Qui ne parlait plus qu'avec Dieu, D'une voix à peine entendue Confie à votre cœur son vœu.
Cet humble vœu, dernier caprice, Est recueilli pieusement, Et de l'enfant l'Impératrice Exécute le testament.
15 août 1866.