French poem
L'Homme
Léviathan, je vais, malgré les deux cascades Qui de tes noirs évents jaillissent en arcades, La mer qui se soulève à tes reniflements, Et les glaces du pôle et tous les éléments, Monté sur une barque entr'ouverte et disjointe, T'enfoncer dans le flanc une mortelle pointe; Car il faut un peu d'huile à ma lampe le soir, Quand le soleil s'éteint et qu'on n'y peut plus voir. Béhémot, à genoux! que je pose la charge Sur ta croupe arrondie et ton épaule large! Je ne suis pas ému de ton énormité; Je ferai de tes dents quelque hochet sculpté, Et je te couperai tes immenses oreilles, Avec leurs plis pendants, à des drapeaux pareilles, Pour en orner ma toque et gonfler mon chevet. Oiseau Rock, prête-moi la plume et ton duvet, Mon plomb saura t'atteindre, et, l'aile fracassée, Sans pouvoir achever la courbe commencée, Des sommités du ciel, à mes pieds, sur le roc, Tu tomberas tout droit orgueilleux oiseau Rock!