French poem
Sonnet Iv
Oh! la paresseuse fille! Sara la Baigneuse.
Lorsque je vous dépeins cet amour sans mélange, Cet amour à la fois ardent, grave et jaloux, Que maintenant je porte au fond du cœur pour vous, Et dont je me raillais jadis, ô mon jeune ange,
Rien de ce que je dis ne vous paraît étrange, Rien n'allume en vos yeux un éclair de courroux; Vous dirigez vers moi vos regards longs et doux, Votre pâleur nacrée en incarnat se change.
Il est vrai,--dans la mienne, en la forçant un peu, Je puis emprisonner votre main blanche et frêle, Et baiser votre front si pur sous la dentelle:
Mais--ce n'est pas assez pour un amour de feu; Non, ce n'est pas assez de souffrir qu'on vous aime, Ma belle paresseuse, il faut aimer vous-même.
1831.