French poem
Blancheurs nocturnes
by Tola Dorian (1839–1918)
Hier la plage était une plaine aveuglante Sous l’œil évocateur de la lune en son plein, Et l’océan rampait, avec sa force lente Au frisson déferlant de son reflux félin. —
Hier la nuit vivante était l’apothéose, Dans son intensité, de nos rêves vivants ; La nature berçait d’un calme grandiose Le repos fugitif des vagues et des vents.
Et vous vous étaliez, nappes d’argent fluide Dans des brumes d’opale, et les brouillards lactés Roulaient, pli sur pli, flot sur flot, ride sur ride, Le voile diaphane où vibraient vos clartés.
Et nous, passants d’un jour, fantômes du grand songe, Nous avons vu surgir dans ton clair tremblement, Gouffre où naît toute étoile, où tout rayon se plonge Un éden sidéral, mystérieusement…