French poem
Regarde. La glycine a jauni sur la porte
by Tristan Derème (1889–1941)
Regarde. La glycine a jauni sur la porte, Et voici que l’automne aux tempes couronnées De lierre caduc et de roses fanées S’avance et d’un pied lourd foule les feuilles mortes. Il marche et son manteau de pourpre au crépuscule Se dénoue et se mêle aux nuances champêtres.
Mon cœur, voici l’octobre ; et les joueurs de flûte Commencent à siffler sous la voûte des hêtres. Veux-tu, nous quitterons pour la ville prochaine Les parterres flétris et l’ombrage des chênes, Et la maison rustique au milieu du feuillage Qui sut nous accueillir au retour du voyage, Et la source. Mon cœur, partons ; voici l’automne Et la dernière abeille aux troènes bourdonne.