Versos French Victor de Laprade La Chanson de l’alouette

French poem

La Chanson de l’alouette

by (1812–1883)

Listen in the reader

Je suis, je suis le cri de joie Qui sort des prés à leur réveil ; Et c’est moi que la terre envoie Offrir le salut au soleil.

Je pars des chaumes blancs de brume, A mes pieds flotte un fil d’argent, La rosée emperle ma plume, Et je la sème en voltigeant.

Je plane et chante la première Dans l’azur frais où l’aube éclot ; Je me baigne dans la lumière, Et vais me mirer dans un flot.

Ma voix est sans note plaintive, Je ne dis rien au triste soir ; Je suis la chanson folle et vive De la jeunesse et de l’espoir.

Je dis au malade qui veille : Bénis Dieu, la nuit va unir ! Au laboureur que je réveille : Fais ton sillon pour l’avenir !

Si mon chant près d’une fenêtre Attire un couple jeune et beau, Je répète : Le jour va naître, Laisse partir ton Roméo !

Je suis, je suis le cri de joie Qui sort des prés à leur réveil ; Et c’est moi que la terre envoie Offrir un salut au soleil.