French poem
Les Petites Sœurs
by Victor de Laprade (1812–1883)
Elles vont, la main dans la main, On ne les voit jamais qu’ensemble ; Sans que l’une à l’autre ressemble, Toujours sur le même chemin Elles vont, la main dans la main.
Deux fleurs sur une seule branche ! S’embrassant toujours d’un côté, Même quand l’arbre est agité ; L’une étant rose et l’autre blanche, Deux fleurs sur une seule branche !
Où sont donc les petites sœurs ? Dit chacun de nous, qu’il demande La plus petite ou la plus grande ; Elles ont d’égales douceurs ; Où sont donc les petites sœurs ?
L’une veut tout ce que veut l’autre, Dans l’étude ou dans le plaisir ; Chacune oubliant son désir, Pour leur bonheur et pour le nôtre, L’une veut tout ce que veut l’autre.
Aux œuvres du cœur ou des doigts Promptes l’une et l’autre à bien faire, Chacune est la petite mère, La petite sœur, à la fois, Aux œuvres du cœur ou des doigts.
Jamais de pleurs ni de querelles, Au salon pas plus qu’au berceau ; Les bijoux après le cerceau, Tout gaîment se partage entre elles… Jamais de pleurs ni de querelles.
Elles vont, la main dans la main, On ne les voit jamais qu’ensemble ; Sans que l’une à l’autre ressemble, Toujours sur le même chemin Elles vont, la main dans la main.