French poem
Aux fils des croisés
by Victor Hugo
Ainsi, dans cette grande armure, Maroufles, vous vous abritez ! Et son formidable murmure Ne vous a pas épouvantés !
Ô nain Triboulet, tu leur manques ! Ces gueux sont les maîtres céans ! Bien. Ebattez-vous, saltimbanques. Dans l’ombre que font les géants.
Vous vous dites fils de ces hommes Par la femme forte conçus. Dignes à la fois des deux Romes, Faits pour César ou pour Jésus !
Ces hommes disaient : Que Dieu m’aide ! Ils prenaient dague, estoc, poignard. Ils combattaient, c’était Tancrède. Ils parlaient, c’était Saint-Bernard.
Passant les mers, les monts, les plaines Comme un essaim prodigieux, Ils allaient, gens et capitaines, L’épée au poing, l’esprit aux cieux !
Qui les poussait vers la Judée ? C’était ce rêve étrange et beau. Briser les chaînes d’une idée Enfermée au fond d’un tombeau.