Versos French Victor Hugo Bruit Que Fait Le Plancher

French poem

Bruit Que Fait Le Plancher

by

Listen in the reader

C'est là qu'Eviradnus entre; Gasclin le suit.

Le mur d'enceinte étant presque partout détruit, Cette porte, ancien seuil des marquis patriarches Qu'au-dessus de la cour exhaussent quelques marches, Domine l'horizon, et toute la forêt Autour de son perron comme un gouffre apparaît. L'épaisseur du vieux roc de Corbus est propice A cacher plus d'un sourd et sanglant précipice; Tout le burg, et la salle elle-même, dit-on, Sont bâtis sur des puits faits par le duc Platon; Le plancher sonne; on sent au-dessous des abîmes.

--Page, dit ce chercheur d'aventures sublimes, Viens. Tu vois mieux que moi, qui n'ai plus de bons yeux, Car la lumière est femme et se refuse aux vieux; Bah! voit toujours assez qui regarde en arrière. On découvre d'ici la route et la clairière; Garçon, vois-tu là-bas venir quelqu'un?--Gasclin Se penche hors du seuil; la lune est dans son plein, D'une blanche lueur la clairière est baignée. --Une femme à cheval. Elle est accompagnée. --De qui? Gasclin répond:--Seigneur, j'entends les voix De deux hommes parlant et riant, et je vois Trois ombres de chevaux qui passent sur la route. --Bien, dit Eviradnus. Ce sont eux. Page, écoute. Tu vas partir d'ici. Prends un autre chemin. Va-t'en sans être vu. Tu reviendras demain Avec nos deux chevaux, frais, en bon équipage, Au point du jour. C'est dit. Laisse-moi seul.--Le page Regardant son bon maître avec des yeux de fils, Dit:--Si je demeurais? Ils sont deux.--Je suffis. Va.