Versos French Victor Hugo En voyant flotter sur la Seine des cadavres prussiens

French poem

En voyant flotter sur la Seine des cadavres prussiens

by

Listen in the reader

Oui, vous êtes venus et vous voilà couchés ; Vous voilà caressés, portés, baisés, penchés, Sur le souple oreiller de l’eau molle et profonde ; Vous voilà dans les draps froids et mouillés de l’onde ; C’est bien vous, fils du Nord, nus sur le flot dormant ! Vous fermez vos yeux bleus dans ce doux bercement. Vous aviez dit : « — Allons chez la prostituée. Babylone, aux baisers du monde habituée, Est là-bas ; elle abonde en rires, en chansons ; C’est là que nous aurons du plaisir ; ô Saxons, Ô Germains, vers le Sud tournons notre œil oblique, Vite ! en France ! Paris, cette ville publique, Qui pour les étrangers se farde et s’embellit, Nous ouvrira ses bras… » — Et la Seine son lit.