Versos French Victor Hugo I

French poem

I

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Les pauvres gens de la côte, L'hiver, quand la mer est haute Et qu'il fait nuit, Viennent où finit la terre Voir les flots pleins de mystère Et pleins de bruit.

Ils sondent la mer sans bornes; Ils pensent aux écueils mornes Et triomphants; L'orpheline pâle et seule Crie: O mon père! et l'aïeule Dit: Mes enfants!

La mère écoute et se penche; La veuve à la coiffe blanche Pleure et s'en va. Ces cœurs qu'épouvante l'onde Tremblent dans ta main profonde, O Jéhovah.

Où sont-ils tous ceux qu'on aime? Elles ont peur. La nuit blême Cache Vénus; L'océan jette sa brume Dans leur âme, et son écume Sur leurs pieds nus.

On guette, on doute, on ignore Ce que l'ombre et l'eau sonore Aux durs combats Et les rocs aux trous d'éponges, Pareils aux formes des songes, Disent tout bas.

L'une frémit, l'autre espère. Le vent semble une vipère. On pense à Dieu Par qui l'esquif vogue ou sombre Et qui change en gouffre d'ombre Le gouffre bleu!