French poem
Le Bey Outragé
by Victor Hugo
Le vieux bey de la régence Murmure en baissant le front: Demain s'appelle vengeance Quand hier s'appelle affront.
Lui qui creusa tant de fosses Que, lorsqu'il passe, inclément, Le ventre des femmes grosses Tressaille lugubrement,
Il tient nu son cimeterre; Pâle, il bâille par instants; Puis il regarde la terre Comme s'il disait: Attends.
Il rêve. On sent qu'il résiste Comme le pin des forêts, Et qu'il sera d'abord triste Pour être terrible après.
Ses regards sont insondables; Son glaive dans ses yeux luit; Ses paupières formidables, Où passe un éclair de nuit,
Laissent, sans qu'il les essuie, Tomber sur son yatagan Ces larges gouttes de pluie Qui précèdent l'ouragan.