French poem
« Lorsque j’étais encore un tout jeune homme pâle »
by Victor Hugo
Lorsque j’étais encore un tout jeune homme pâle, Et que j’allais entrer dans la lice fatale, Sombre arène où plus d’un avant moi se perdit, L’âpre Muse aux regards mystérieux m’a dit : — Tu pars ; mais quand le Cid se mettait en campagne Pour son Dieu, pour son droit et pour sa chère Espagne, Il était bien armé ; ce vaillant Cid avait Deux casques, deux estocs, sa lance de chevet, Deux boucliers ; il faut des armes de rechange ; Puis il tirait l’épée et devenait archange. As-tu ta dague au flanc ? Voyons, soldat martyr, Quelle armure vas-tu choisir et revêtir ? Quels glaives va-t-on voir luire à ton bras robuste ? — J’ai la haine du mal et j’ai l’amour du juste, Muse ; et je suis armé mieux que le paladin. — Et tes deux boucliers ? — J’ai mépris et dédain.
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