Versos French Victor Hugo Première réflexion

French poem

Première réflexion

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Pas de religion qui ne blasphème un peu. L’une en croquemitaine habille le bon Dieu ; Il fait son paradis du hurlement des âmes ; Sa cave à son plafond jette un reflet de flammes, Il grince, et son bonheur est d’avoir un enfer À remuer avec une fourche de fer. L’autre à la main lui plante un grand sabre, et l’affuble D’un uniforme mal caché par sa chasuble ; Il a l’obus en bas et la foudre là-haut ; Il était Jéhovah, le voilà Sabaoth ; On le fait tambour-maître et général d’armée ; Il va-t-en guerre. Étant riche en noir de fumée, Belzébuth jusqu’à Dieu se glisse, et cet escroc Lui charbonne en riant deux moustaches en croc ; Le Père Éternel sent vaguement qu’on le berne, Se laisse faire, met l’éclair dans sa giberne, Se voit destitué par le pape, permet Que la bataille accroche à sa mitre un plumet, Ferme les yeux sur l’homme, être irrémédiable, Et, n’étant plus bon Dieu, tâche d’être bon diable.