French poem
Xxiii
by Victor Hugo
Je me penchai. J'étais dans le lieu ténébreux; Là gisent les fléaux avec la nuit sur eux; Et je criai:--Tibère!--Eh bien? me dit cet homme. --Tiens-toi là.--Soit.--Néron!--L'autre monstre de Rome Dit:--Qui donc m'ose ainsi parler?--Bien. Tiens-toi là. Je dis:--Sennachérib! Tamerlan! Attila! --Qu'est-ce donc que tu veux? répondirent trois gueules. --Restez là. Plus un mot. Silence. Soyez seules. Je me tournai:--Nemrod!--Quoi?--Tais-toi.--Je repris: --Cyrus! Rhamsès! Cambyse! Amilcar! Phalaris! --Que veut-on?--Restez là.--Puis, passant aux modernes, Je comparai les bruits de toutes les cavernes, Les antres aux palais et les trônes aux bois, Le grondement du tigre au cri d'Innocent trois; Nuit sinistre où pas un des coupables n'échappe, Ni sous la pourpre Othon, ni Gerbert sous la chape. Pensif, je m'assurai qu'ils étaient bien là tous, Et je leur dis:--Quel est le pire d'entre vous?
Alors, du fond du gouffre, ombre patibulaire Où le nid menacé par l'immense colère Autrefois se blottit et se réfugia, Satan cria:--C'est moi!--Crois-tu? dit Borgia.