French poem
Remerciements Dans Ma Vieillesse
by Walt Whitman
Des remerciements dans ma vieillesse--des remerciements avant que je m’en aille, Pour la santé, le soleil de midi, l’air impalpable--pour la vie et rien autre, Pour les précieux souvenirs qui toujours me hantent, (souvenirs de vous, ma mère chérie--de vous, mon père, de vous, frères, sœurs, amis), Pour tous les jours de mon existence--non seulement les jours de paix--les jours de guerre pareillement, Pour les douces paroles, les marques d’affection, les présents venus de pays étrangers, Pour l’abri, le pain et la viande--pour les suaves témoignages d’appréciation, (Vous, lecteurs bien-aimés--lointains, inconnus, perdus dans l’ombre--jeunes ou vieux--lecteurs innombrables, non spécifiés, Nous ne nous sommes jamais vus et nous ne nous verrons jamais,--et pourtant nos âmes longuement s’étreignent, étroitement et longuement); Des remerciements pour les êtres, les groupes, l’affection, les actes, les paroles, les livres--pour les couleurs et les formes, Pour tous les hommes vigoureux et braves--les hommes dévoués et audacieux--ceux qui ont bondi au secours de la liberté dans tous les siècles et dans tous les pays, Pour d’autres hommes, plus vigoureux encore, plus braves, plus dévoués--(des lauriers spéciaux, avant que je disparaisse, aux élus des batailles de la vie, Les canonniers de la poésie et de la pensée--les grands artilleurs--la tête de l’avant-garde, les capitaines de l’âme); Et comme un soldat revenu d’une guerre terminée--comme un voyageur parmi des myriades d’autres voyageurs, je dis à la longue procession passée: Merci--joyeux merci!--le merci d’un soldat, d’un voyageur.
VOUS N’ÊTES PAS, O MES CHANTS, QUE DE MAIGRES RAMEAUX
Vous n’êtes pas, ô mes chants, que de maigres rameaux où la vie subsiste, latente, (chants écailleux et nus, comme des serres d’aigle), Mais peut-être bien qu’en quelque jour de soleil (qui sait?), en quelque printemps futur, en quelque été, vous éclaterez, Vous vous couvrirez de feuilles verdoyantes, vous verserez une ombre où l’on s’abritera--vous donnerez des fruits nourrissants, Des pommes et des raisins--et les branches d’arbre sortiront vigoureuses--dans le plein air, libre et pur, Et l’amour et la foi s’épanouiront, telles des roses parfumées.