French poem
À Oscar Martel
by William Chapman (1850–1917)
Quand l’archet palpitant fait ruisseler les sons Du stradivarius pressé sur ta poitrine, Il coule de ton bras comme une onde divine Qui jette dans les cœurs de sublimes frissons.
Tour à tour sous tes doigts gazouillent les pinsons, Les épis des blés d’or, la source cristalline, Les bruits mystérieux de la conque marine, La harpe des roseaux, le clavier des buissons.
Ô maître ! en t’écoutant on croit que le génie Dans ton âme versa toute son harmonie, Tous les rayonnements sacrés de l’idéal ;
On sent que la nature a bercé ton enfance Aux suaves rumeurs de quelque fleuve immense, Aux concerts des grands bois de ton pays natal.