French poem
Attente
by Albert Londres (1884–1932)
Je t’avais acheté des fleurs Et tu n’es pas venue. Celles que l’on te donne ailleurs T’ont retenue.
Elles ont pleuré dans ma main De ton indifférence. Moi, j’ai noyé mon cœur humain Dans leur essence.
À chaque bruit venant d’en bas, Chacune tremblait toute. Mon cœur répercutait les pas, Comme une voûte.
— « Je valais bien, pensait la fleur De me faner sur elle. » — « Je valais de chercher son cœur Sous sa dentelle. »
Mais la nuit pénétra chez moi Au lieu de son sourire. Fût-ce un mal ? Fût-ce un bien ? Ma foi ! Je ne saurais le dire !