Versos French Albert Mérat La rôtisserie

French poem

La rôtisserie

by (1840–1909)

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Ce simple avis appétissant : « Maison fondée en mil huit cent... » Orne le ventre d’un satyre, Sur une échoppe de faubourg Dont le parfum graisseux et lourd Flatte le passant et l’attire.

Sur des volailles en monceaux Des volailles font des arceaux, Car c’est une rôtisserie ; Et, dans l’air, feston triple et doux, Ces cadavres pendus pour nous Brimballent avec symétrie.

Des dindonneaux en chapelets, Des girandoles de poulets, Une rangée épaisse d’oies Font un spectacle sans égal. Pour la bouche c’est un régal Et pour les yeux ce sont des joies.

La flamme jette un éclat gai, Le tourne-broche est fatigué. J’aperçois neuf poulets qui fument, Et trois garçons roses et gras, Sans y penser, à tour de bras, Qui plument, qui plument, qui plument.

Grands buveurs, mangeurs non petits, Belles soifs, nobles appétits, Ô Villon, mon maître, ô Gringoire, Comme vous seriez bien ici, Vous qui connaissiez le souci De manger beaucoup pour mieux boire.