Versos French Alexandre Piedagnel Consolation

French poem

Consolation

by (1831–1903)

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La neige tapissait la terre Et frangeait le toit des maisons ; Au coin de l’âtre, solitaire, Je regardais mes froids tisons.

Bientôt une douce parole M’arrache à mon accablement… « — Viens ! disait-on, car je console » Des regrets, de l’isolement. » —

Une femme jeune et rieuse S’accoudait à mon vieux fauteuil : La ravissante visiteuse, Sans bruit, avait franchi le seuil.

« Ami, dans tes jours de souffrance, » Des ennuis je te guérirai. » À l’heure où s’en va l’espérance, » Vite, appelle-moi : je viendrai ! » —

» — Mais qui donc ici m’encourage, » Quand je ne sais que devenir ? » — » — Je suis la compagne du sage : » À ma voix il croit rajeunir.

» Le bon sourire de ta mère, » Tes jours d’illusion, de foi, » Et tous ceux qui t’aimaient naguère, » Tu les reverras, — grâce à moi !

» Les rêves de l’adolescence, » Le parfum du premier amour, » Avec les fêtes de l’enfance, » Reviendront vers toi tour à tour.

» Bien loin des ronces de la vie, » Je te conduirai par la main ; » Nous suivrons la route fleurie, » Car je choisirai le chemin !

» Adieu l’hiver et la vieillesse ! » Le printemps te sourit là-bas : » Un chaud rayon déjà caresse » Le thyrse embaumé des lilas… »

» — Quel est ton nom, bel ange rose » Qui par les de si doux plaisirs ? » » — Je suis, pauvre vieillard morose, » L’ange des riants souvenirs. »