French poem
Trois jours de vendanges
by Alphonse Daudet (1840–1897)
Je l’ai rencontrée un jour de vendange, La jupe troussée et le pied mignon ; Point de guimpe jaune et point de chignon : L’air d’une bacchante et les yeux d’un ange.
Suspendue au bras d’un doux compagnon, Je l’ai rencontrée aux champs d’Avignon, Un jour de vendange.
⁂ Je l’ai rencontrée un jour de vendange. La plaine était morne et le ciel brûlant ; Elle marchait seule et d’un pas tremblant, Son regard brillait d’une flamme étrange.
Je frisonne encore en me rappelant Comme je te vis, cher fantôme blanc, Un jour de vendange.
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Je l’ai rencontrée un jour de vendange, Et j’en rêve encor presque tous les jours.
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Le cercueil était couvert en velours, Le drap noir avait une double frange.
Les sœurs d’Avignon pleuraient tout autour… La vigne avait trop de raisins ; l’Amour À fait la vendange.