French poem
L’Idée de Dieu
Heureux l’œil éclairé de ce jour sans nuage, Qui partout ici-bas le contemple et le lit ! Heureux le cœur épris de cette grande image, Toujours vide et trompé si Dieu ne le remplit !
Ah ! pour celui-là seul la nature est sans ombre ! En vain le temps se voile et recule les cieux : Le ciel n’a point d’abîme et le temps point de nombre
Pour qui ne l’y voit pas tout est nuit et mystères : Cet alphabet de feu dans le ciel répandu Est semblable pour eux à ces vains caractères Dont le sens, s’ils en ont, dans les temps s’est perdu.
Le savant sous ses mains les retourne et les brise, Et dit : « Ce n’est qu’un jeu d’un art capricieux. » Et cent fois, en tombant, ces lettres qu’il méprise D’elles-même ont écrit le nom mystérieux !
Mais cette langue, en vain par les temps égarée,
Car elle n’a qu’un nom sous sa lettre sacrée :