Versos French Amable Tastu Télésille

French poem

Télésille

by (1795–1885)

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It is a place full of Storied and poetical associations… WASHINGTON IRWING.

RÉCITATIF.

Dieu des beaux-arts, père de l’harmonie, Vois régner en ces lieux la guerre et ses fureurs ! Tu m’abandonnes !… dans les pleurs S’éteint le feu de mon génie. O douleur ! je verrai des vainqueurs insolens Dans ces murs apporter la flamme ; Nos autels renversés, nos guerriers expirans ; Et moi !… je ne suis qu’une femme !

CANTABILE.

Éloignez-vous, pressentimens trompeurs Qui troublez la paix de ma vie ! Un Dieu peut sauver ma patrie, Et mettre un terme à nos malheurs ! Et toi, ma compagne fidèle,

Lyre, doux écho de mes chants, Reviens, et rends-moi ces accens Qui m’ont promis une gloire immortelle. Reviens, reviens, ma compagne fidèle, Lyre, doux écho de mes chants !

RÉCITATIF.

O ciel ! quelle terreur nouvelle Agite ce peuple éperdu ? Partout une voix trop fidèle Redit ces mots : Tout est perdu ?

AIR.

Où suis-je ?… quel brûlant délire ! Mon cœur palpite… je frémis… Ah ! je le sens, un Dieu m’inspire ; J’entends sa voix me dire : Combats, et sauve ton pays !

Ma patrie, en proie aux alarmes, Veut des soldats, et non des larmes ; A mes transports unissez-vous ; A votre tour défendez vos époux, Femmes d’Argos, prenez les armes ! Courez, et de vos faibles mains Saisissez la lance homicide ; Que l’airain cache un front timide : forçons les Dieux à changer nos destins !

ROMANCE.

Adieu, tranquille solitude, Témoin de mes heureux loisirs ;

Douce paix, poésie, étude, Je renonce à tous vos plaisirs.

Fleurs qui parez ma chevelure, Aimables filles du matin, Fuyez ; une pesante armure Va couvrir ma tête et mon sein.

Lyre, trop long-temps délaissée, Enfant des arts, chère aux amours, Interprète de ma pensée, Adieu !… peut-être pour toujours !

FINAL.

Un Dieu me conduit et m’inspire, Sa voix commande, j’obéis ; Sans cesse je l’entends redire : Combats, et sauve ton pays !

CHOEUR.

Saisissons la lance homicide ; D’un glaive armons nos faibles mains ; Que l’airain cache un front timide : Forçons les Dieux à changer nos destins.