Versos French Amélie Gex Chant malais

French poem

Chant malais

by (1835–1883)

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De Mahel Malidha la noire chevelure Est un souple manteau qui s’étend sur ses pieds ; De Mahel-Malidha c’est la sombre parure Que roulent, chaque jour, ses beaux doigts déliés. Oh ! si de ses cheveux j’avais la longue tresse J’en banderais mon arc et j’irais fièrement, Dans son antre attaquer la sauvage tigresse, Sans peur de son rugissement !

De Mahel-Malidha cette sombre parure A l’enivrant parfum du suave baumier ; On croit voir la liane en la forêt obscure En flexibles rameaux, tomber du bananier ; Son œil de la panthère a la douceur féline, On ne voudrait mourir que d’un de ses regards : Elle aspire le vent par sa souple narine Comme font les fiers léopards.

Son œil de la panthère a la douceur féline ; Ses lèvres du corail ont la chaude rougeur ; Son sein rend plus ardents les rêves du Bramine ; Sa taille a du palmier la grâce et la rondeur. Pour sentir sur mon front son haleine de braise Je voudrais me damner en reniant Bouddha ! Je donnerais mon kriss et ma lance malaise Pour un soupir de Malidha !