French poem
La Fin de la Journée
by Amélie Gex (1835–1883)
La rue étroite et sombre a perdu son bruit sourd, Le marteau cesse enfin de tourmenter l’enclume ; Dans la cour de l’auberge, où la vitre s’allume, On entend des chevaux le pas sonore et lourd.
L’ouvrier, les bras las, s’en revient au faubourg ; Sur son seuil, un enfant qu’à rire il accoutume, Lui dit : « Père, entre et vois notre soupe qui fume ! » Un autre marmot blond, en trébuchant, accourt ;
Et la mère joyeuse, avec sa mine accorte, S’empresse d’attiser dans son étroit foyer La flamme que le vent fait parfois ondoyer.
Alors, l’ange béni qui veille à chaque porte, Sur tous ces fronts heureux jetant un doux regard, Dit : « Mon Dieu, de ton Ciel j’ai conservé ma part ! »