Versos French Amélie Gex Villanelle

French poem

Villanelle

by (1835–1883)

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Voilà le temps où les vignes fleuries D’âcres senteurs parfument les coteaux ; Voilà le temps où, le long des prairies, Les faneurs vont promenant leurs râteaux Sur les pommiers la bavarde cigale, À tous les vents récite une oraison ; L’oiseau redit sa chanson joviale, — En juin l’amour est encor de saison !

Un sylphe blond, en secouant son aile, Courbe en passant l’épi trop frêle encor ; Le papillon, dont la robe étincelle, Va se bercer sur les beaux colzas d’or. Dans les sentiers, la fleurette s’étale ; Le lézard gris rêve dans le gazon ; Des bois touffus un encens pur s’exhale, — En juin l’amour est encor de saison !

L’été rieur arrive les mains pleines ; À son festin, pour se rassasier, Les oiselets boivent l’eau des fontaines Et l’enfant grimpe au tronc du cerisier. La terre livre, en mère libérale, À tous ses fils sa riche floraison ; Et Dieu bénit la douce pastorale ! — En juin l’amour est encor de saison…

Jeanne, buvons à la coupe remplie, Buvons l’espoir, ce vin des amoureux ; Le rire est bon, aimer n’est point folie, Vidons nos parts du nectar généreux ! Plus tard viendra la froidure automnale, Soleil fuira le seuil de la maison ; La vie est belle à l’aube matinale, Jeanne, l’amour est encor de saison !