Versos French André Chénier Chansons de Béranger

French poem

Chansons de Béranger

by

Listen in the reader

Pourquoi……Pourquoi ces atours Entre tes baisers et mes charmes ?

De mes désirs mal apaisés, Ingrat, si tu pouvais te plaindre, J’aurais du moins, pour les éteindre, Le vin où je les ai puisés.

Tu crois du Pinde avoir conquis la gloire, Quand ses lauriers, de ta foudre encor chaude. Vont à prix d’or te cacher à l’histoire, Ou balayer la fange des cachots…

Les Gueux, les Gueux, Sont les gens heureux, Ils s’aiment entre eux…

D’un faste qui vous étonne L’exil punit plus d’un grand… D’un palais l’éclat vous frappe, Mais l’ennui vient y gémir…

Quel Dieu se plaît et s’agite Sur ce grabat qu’il fleurit ? C’est l’Amour qui rend visite A la Pauvreté qui rit.

Au détour d’une eau qui chemine A flots purs sous de frais lilas, Vous avez vu notre chaumine…

Tinter sur la vitre sonore Le grésil léger qui bondit.

J’ai sur l’Hymette éveillé les abeilles.

A mon coucher ton aimable présence Pour ton bonheur ne sera pas sans fruit ?

Auprès de moi coule des jours paisibles ;

Que mille atours relèvent tes attraits. L’Amour par eux m’a rendu sa puissance…

La fleur des champs brille à ta boutonnière… Ces jours mêlés de pluie et de soleil…

Quand le Sort à ta mince étoffe Livrerait de nouveaux combats.

Ton indigence qui m’honore Ne m’a point banni de leurs bras.

D’un trait méchant se montra-t-il capable ? Avec orgueil vous répondrez : Jamais !

Un conquérant, dans sa fortune altière, Se fit un jeu des sceptres et des lois ; Et de ses pieds on peut voir la poussière Empreinte encor sur le bandeau des rois. Vous rampiez tous, ô Rois qu’on déifie ! Moi, pour braver des maîtres exigeants. Le verre en main gaiement je me confie Le vAu Dieu des bonnes gens.

Sur nos débris Albion nous défie.

Chérubins à la face bouffie. Réveillez donc les morts peu diligents !

Vous qui redoutez l’esclavage, Ah ! refusez vos tendres airs A ces nobles qui, d’âge en âge, Pour en donner portent des fers.

Sur ma prison vienne au moins Philomèle ! Jadis un roi causa tous ses malheurs.