French poem
Mon frère, que jamais la tristesse
Mon frère, que jamais la tristesse importune Ne trouble ses prospérités ! Qu’il remplisse à la fois la scène et la tribune : Que les grandeurs et la fortune Le comblent de leurs biens qu’il a tant souhaités !
Que les muses, les arts toujours d’un nouveau lustre, Embellissent tous ses travaux ; Et que cédant à peine à ton vingtième lustre, De son tombeau la pierre illustre S’élève radieuse entre tous les tombeaux !
Mais................. Infortune, honnêtes douleurs, Souffrance, des vertus superbes et chaste fille, Salut. Mes frères, ma famille, Sont tous les opprimés, ceux qui versent des pleurs ;
Ceux que livre à la hache un féroce caprice ; Ceux qui brûlent un noble encens Aux pieds de la vertu que l’on traîne au supplice, Et bravent le sceptre du vice, Ses caresses, ses dons, ses regards menaçants ;
Ceux qui devant le crime, idole ensanglantée, N’ont jamais fléchi les genoux, Et soudain, à sa vue impie et détestée, Sentent leur poitrine agitée, Et s’enflammer leur front d’un généreux courroux.