French poem
Désir d’avril
by André Theuriet (1833–1907)
III. — DÉSIR D’AVRIL.
En plein bois, dans la profondeur Où tremblent des lumières vertes, Les muguets à l’exquise odeur Balancent leurs grappes ouvertes.
Les muguets blancs m’ont enivré, Et la voix du ramier qui chante Au fond de mon cœur enfiévré A mis un désir qui fermente.
La douce pâleur des muguets Et leur haleine parfumée Ont évoqué dans les forêts Ton cher fantôme, ô bien-aimée !
Tes bras ont leur blanche couleur, Tes yeux sont verts comme leur tige, Et, comme leur exquise odeur, Tes baisers donnent le vertige.
Parmi les bois mélodieux Qu’avril embaume et renouvelle, Oh ! de ta lèvre et de tes yeux Goûter la caresse éternelle !…