French poem
La Source de la solitude
by André Van Hasselt (1806–1874)
Au fond de la morne bruyère, Loin de tous les chemins frayés, Dans la lande inhospitalière Où roulent d’ornière en ornière Les sables par le vent rayés ;
Dans la profonde solitude, Où, distrait de tout souvenir, L’esprit, loin de la multitude, Du silence fait son étude Et se sent des ailes venir ;
Il est une source cachée Au milieu des genêts en fleurs, Qui coule à doux flots épanchée Du cœur d’une pierre penchée Dont vous diriez qu’ils sont les pleurs.
Parfois une troupe importune De pinsons y vient voltigeant. Ô nuages, parfois la lune S’y mire, pendant la nuit brune, Du haut de vos créneaux d’argent.
C’est la source que j’ai choisie, Où mon esprit va s’abreuvant : Humble source de poésie, Où va boire ma fantaisie Et mon cœur encor plus souvent.