French poem
4 (Quand mon esprit fringant, et pourtant…)
Quand mon esprit fringant, et pourtant aux abois, A tout le jour souffert de sa force prodigue, L’heure lasse du soir vient m’imposer son poids ; Merci pour la fatigue !
Peut-être que la peur, l’orgueil, l’ambition Peuvent, par leur angoisse aride et hors d’haleine, Recouvrir un instant ma triste passion ; Merci pour l’autre peine !
Rétrécissant sur toi le confus infini, Je ne situais plus que ton cœur dans l’espace ; Le sombre oubli des nuits te rend ta juste place ; Le sommeil soit béni !
Parfois, abandonnée à ma hantise unique, J’ignore que le corps a ses humbles malheurs, Mais la souffrance alors m’aborde, ample et tragique ; Merci pour la douleur !
N’octroyant plus au temps ses bornes reposantes, Tant le désir rêveur m’offre ses océans, Tu me désapprenais la mort ; elle est présente ; Merci pour le néant…