French poem
47 (Puisque je ne puis pas savoir…)
Puisque je ne puis pas savoir Ce que tu penses, je t’écoute ; Ta voix en vain peut se mouvoir, Je poursuis mon songe et mon doute.
Tu m’étonnes en étant toi, En ayant ton élan, ta vie ; Je me sens toujours desservie Par ce que tu prétends ou crois.
— Mais quelquefois, dans le silence, Je sens, comme une calme chance, Se révéler notre unité, Et j’entends les mots que tu penses Et que je n’ai pas écoutés…