Versos French Anna de Noailles Contentement

French poem

Contentement

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Réjouissance du froid, Sa secrète odeur métallique, Quand les flots du vent dans les bois Enflent de leurs clameurs épiques Les grands branchages aux abois ! Le sol sec sonne sous les pas. Clarté d’un matin de Décembre ! Le ciel est miroitant et plat. D’un bleu fluide mêlé d’ambre. — Et toujours la subtile odeur De ce froid clair, aigu, moqueur, Qui vient étreindre le visage ! — Ô beauté d’un froid paysage, Fierté misérable du sol Aride comme un dur rivage, Cependant que, riant et fol, Tout amusé de son aisance, — Tel sous un jaune parasol Un Japonais qui jongle et danse — Le soleil, ce bel étranger, Que le froid fait se rengorger, Crépite, étincelle, s’ébroue, Darde ses couteaux, fait la roue, Ne peut pas être fatigué ! — Qu’il est insouciant et gai Dans son ivresse solitaire. Ce soleil de toute la terre. Alors que le pâle Occident Est déchiré à coups de dents Par la rude et claire tempête ! Tout nous quitte !… Mais tout à coup Un oiseau qui gonfle son cou Semble proclamer à tue-tête. Faisant face au cinglant étlier. Qu’il n’abandonne pas l’hiver !