French poem
Tu sais si je suis seule, ô toi qui m’as aimée
Tu sais si je suis seule, ô toi qui m’as aimée ! Si je le fus toujours ! Vous le sauriez, mon Dieu, Si, dans le vain éther d’azur ou de fumée, Vous n’étiez pas qu’un nom obscur et radieux !
Pour solitude j’eus l’amour envers les choses, La logique sans peur, l’ennui des vanités, L’effort contre le temps et ce qu’il décompose, Le plaisir du néant, unique éternité ;
Et ce cœur excessif que fait rêver l’espace, Ce sinueux désir glissant vers les humains, Cet esprit débordant, et cependant rapace, Et mon songe distrait quand je tenais tes mains…