French poem
Ce n’est pas sans raison, que l’homme on accompare
by Antoine Favre (1557–1624)
Ce n’est pas sans raison, que l’homme on accompare A l’arbre renuersé, dont la racine en haut La cyme tend en bas, puisque tousiours il faut, Quil ait son cẽtre au ciel, qu’il ayt son Dieu pour phare : Comme de son tresor vit le cœur de l’auare, Et de tous autres biens rien du tout ne luy chaut, Ainsi l’homme Chrestien né pour franchir ce saut Doit tousiours tendre au lieu, ou git son bien plus rare : Mais quel ciel voi-ie icy encor plus ranuersé ? Vn Dieu fait homme en terre, vn homme au ciel placé, Vn ciel tout cristallin quint — essencé de marbre : Estre humble par la Croix, & s’en glorifier, Se voir n’estre que terre, & se deifier, N’est-ce ranuerser tout pour redresser cet arbre ?