Versos French Aristide Bruant Géomay

French poem

Géomay

by (1851–1925)

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Comme il était fils de putain, I’ savait pas beaucoup d’latin, Ni d’aut’ chose ; I’ savait juste assez compter Pour savoir c’que peut rapporter La p’tit’ Rose.

C’était un môme assez costeau Mais il ’tait avec eun’ cathau Qu’était blèche ; I’la r’levait à la mi’ d’pain, Il était, au lieu d’êt’ rupin, Dans la dèche.

En r’filant la comète, eun’ nuit, Dans l’ombre il aperçut d’vant lui Eun’ guérite : Tant pis, qu’i’ s’dit, j’vas m’engager : J’pourrai dormir, boire et manger Sans marmite.

Malgré qu’il avait pas d’état, Ça fit tout d’suite un bon soldat, Et pis mince Qu’i’ mangeait à gueul’ que veux-tu : Il ’tait nourri, logé, vêtu Comme un prince.

Ça f’sait son blot, malheureus’ment, On la r’lèv’ pas au régiment : Nib de braise ! Mais, à Paris, i’ fréquentait Eun’ vieill’ marchand’ de vins qu’était À son aise.

Eun’ nuit qu’il ’tait en permission, V’là qu’i’ tu’ la vieill’ d’un coup d’scion… C’est-i’ bête ! L’aut’ matin Deibler, d’un seul coup, Place d’la Roquette y a cou- -pé la tête.

S’i’ s’rait parti pour el’ Tonkin. I’ s’s’rait fait crever l’casaquin Comm’ Rivière… Un jour on aurait p’t’êt’ gravé, Sur un marbre ou sur un pavé, L’nom d’sa mère.