Versos French Aristide Bruant Ventrilogie

French poem

Ventrilogie

by (1851–1925)

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Ben, quéqu’ t’en dis, mon vieux Justin, Les méd’cins, crois-tu qu’c’est des types ! I’s vont nous sonder l’intestin Et nous examiner les tripes. L’docteur Toulouse a trouvé ça : I’ vient… i’ sonne… on ouvre… il entre, Et puis i’ vous r’garde c’qu’on a

Dans l’ventre. C’est par l’auteur de l’Assommoir Qu’il a commencé sa tournée. Il l’a sondé, sans l’émouvoir, Pendant plus d’un’ demi-journée. Il l’a palpé du haut en bas, Il a distillé son urée, Il a médité sur son cas, Analysé sa diarrhée ; Car Émil’ Zola l’a itou ! I’ n’a pus qu’la cervell’ qu’est bonne ; I’ fait des livr’… et pis v’là tout, Mais i’ n’a pas fait la colonne. Ses Rougon-Macquart… oh la ! la ! C’est pas un’ raison pour qu’il entre À l’Académi’ s’i’n’a qu’ça

Dans l’ventre. D’ailleurs c’est un dégénéré, Un louf… un maboul de génie, Et l’docteur nous a démontré Qu’c’est un Mossieu qu’a la manie D’écrir’ sous l’nom d’Émil’ Zola Des volum’s qui s’vend’nt bien, mais entre Nous, i’ paraît qu’c’est tout c’qu’il a

Dans l’ventre. Novembre, 1896.