French poem
Aubade familière
by Armand Silvestre (1837–1901)
Des bords vermeils du ciel changeant Voici que la clarté ruisselle Et que la rosée étincelle Partout, en poussière d’argent. — Quand sur la bruyère endormie, Tu poseras ton pied mutin, Toutes les splendeurs du matin S’éveilleront, pour t’adorer, ô mon amie !
L’alouette dans le ciel clair, Au bord du toit les hirondelles, Partout un frémissement d’ailes Met un frisson joyeux dans l’air. — Quand près de la source endormie Tu viendras parmi les roseaux, Toutes les chansons des oiseaux S’éveilleront, pour te chanter, ô mon amie !
Des bois qui bordent le chemin Monte et se répand sur la plaine Un souffle où se confond l’haleine De la violette et du jasmin. — Quand sous la feuillée endormie, Nous marcherons d’un pas discret. Tous les parfums de la forêt S’éveilleront, pour t’embaumer, ô mon amie !