French poem
Consolation
by Armand Silvestre (1837–1901)
Si, sur un amour solitaire Tu laisses ton cœur se fermer ; Si tu ne crois pas que, sur terre, On peut plus d’une fois aimer, Et si ta douleur ancienne Te consume en regrets charmeurs, Ô pauvre âme, sœur de la mienne, Meurs !
Mais si l’espérance réveille Des songes d’or sur ton chemin ; Si tu sais qu’aux maux de la veille Succèdent les biens de demain, Et si ton ivresse ancienne Renaît en souvenirs ravis, Ô douce âme, sœur de la mienne, Vis !
Si tu sens que ta destinée Est d’aimer pour souffrir toujours Et que le temps t’a ramenée Au seuil de nouvelles amours, S’il faut une main à la tienne Et des regards amis aux tiens, Ô chère âme, sœur de la mienne, Viens !