Versos French Armand Silvestre Épilogue (Les Larmes des choses)

French poem

Épilogue (Les Larmes des choses)

by (1837–1901)

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Ainsi pleure tout bas le monde inanimé, L’astre, le bois, la mer et la pierre du Temple. Mais leur deuil à nos deuils est un sublime exemple ; Car leur longue douleur n’a jamais blasphémé.

Dans nos cœurs celui-là mit les premières haines Qui, plus haut que nos cœurs, rêvant à nos destins Un maître conscient, hôte de cieux lointains, Nomma l’injuste auteur des misères humaines.

Au joug mystérieux dont le monde est dompté Pourquoi ne pas laisser nos âmes inclinées Suivre, d’un pas égal, le déclin des années, Comme l’astre des cieux son chemin de clarté ?

La brute indifférente au labeur asservie, L’étoile qu’un clou d’or attache au firmament, Tout, d’un crime inconnu, subit le châtiment, Sans s’indigner aux lois obscures de la vie,

Sans chercher à fléchir l’ordre inflexible et sourd D’éléments acharnés à d’inflexibles tâches. Ni les vœux superflus ni les prières lâches Ne rendront le fardeau de nos peines moins lourd.

Je ne vous maudis pas, prêtres dont l’imposture, Pour alléger d’espoir le faix de nos douleurs, Forgea des Immortels que repaissent nos pleurs… — Mais cessez de chercher, plus haut que la Nature,

Des maux que nous souffrons le principe odieux ! Laissez-nous croire, au moins, que d’insensibles causes Poussent vers le néant les êtres et les choses, Et ne nous forcez pas à maudire les dieux !