Versos French Armand Silvestre La Noctuelle

French poem

La Noctuelle

by (1837–1901)

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Au blanc soleil de minuit Qui semait d’argent la grève, Elle allait, pâle et sans bruit, Le front perdu dans un rêve. Des genêts d’or s’effeuillaient Et les vers luisants brillaient

Sur sa route habituelle. L’onde claire des étangs Baisait ses cheveux flottants. — On l’appelait la noctuelle.

Où vas-tu, sauvage enfant, Par ces routes ignorées ? — Je vais où souffle le vent Des amours désespérées. Car, apprends-le, je t’aimais ! Je ne te l’ai dit jamais, Ma peine était trop cruelle ! Mais puisque tu pars demain, Ami, donne-moi ta main. — Adieu donc pauvre noctuelle !

Je revins longtemps après, Las du monde où l’on oublie, Sûr que je la reverrai Plus aimante et plus jolie. L’âme des anges s’enfuit Vers les cieux profonds où luit Une aube perpétuelle. La nuit, la mer et les bois M’ont dit, pleurant à la fois : — Elle est morte la noctuelle !