French poem
Lyda
by Armand Silvestre (1837–1901)
Sur le chemin de la moisson Les belles filles sont venues, La faucille aux épaules nues Et sur la bouche une chanson. — Lyda ! Lyda ! viens dans la plaine ! Lyda ! Lyda ! voici le jour : Plus tard tu fileras la laine ; Mais garde ton cœur de l’amour !
Sur le chemin du bois ombreux Qu’emplit une fraîcheur charmante, Un beau cavalier se lamente, Comme font les cœurs amoureux : — Lyda ! Lyda ! fuis ta demeure ! Lyda ! Lyda ! voici le jour ! Enfant, n’attends pas que je meure, Pour donner ton cœur à l’amour !
Sur le chemin désert et nu, Plus de chansons comme naguère ! Les cavaliers sont à la guerre Et l’hiver morose est venu. — Lyda ! Lyda ! file ta laine, Lyda ! Lyda ! jusqu’au retour. À présent tu connais la peine Que, dans le cœur nous met l’amour !