French poem
04 (Nymphes, sonnez du cor, accouplez et…)
by Auguste Barbier (1805–1882)
Nymphes, sonnez du cor, accouplez et liez Les dogues aux flancs noirs et les blancs lévriers ! Voici que part Diane. En sa course légère, Elle va de l’Hémus abaisser la fougère, Et sur les verts sommets et dans les creux ravins Percer de flèches d’or les biches et les daims… Mais est-ce là Diane ? est-ce bien la déesse Que l’ombre des forêts seulement intéresse, Et qui ne prend plaisir qu’aux féroces abois D’une meute fouillant et refouillant les bois ? Diane ! nul apprêt n’éclate sur sa tête, Un nœud, contre l’assaut de la brise inquiète, Soutient seul ses cheveux, et son corps élancé Toujours d’une tunique est chastement pressé. Mais celle-ci, non pas… D’une grâce ingénue Dans la fraîcheur des bois elle entre toute nue ; L’or de ses blonds cheveux forme de beaux dessins Sur son front souriant ; la rougeur de ses seins Brille sans voile au jour, et sa jambe divine, Libre, sans vêtement, pose sur l’herbe fine Un pied d’albâtre ; puis, à chacun de ses pas, Une odeur d’ambroisie émane. Ce n’est pas, Ce n’est pas là Diane, oh ! non ! mais Cythérée, Qui, prenant de sa sœur et la trousse dorée Et l’arc sonore, au fond des grands bois ténébreux Va surprendre Adonis au milieu de ses jeux. « Je vais au bois avant que le soleil éclaire, J’y vois par un beau jour se lever la lumière, Je foule l’herbe humide, et le bruit de mes pieds Des mousses fait bondir quelques daims effrayés. Alors, sous les bouleaux à la fine verdure, En ce moment divin pour toute créature,