French poem
Une comparaison
by Auguste Barbier (1805–1882)
Point de repos pour l’âme humaine Sur ce monceau de terre où nous sommes jetés : Les chagrins & les maux d’une incessante haleine Y soufflent leur vapeur malsaine, Et ce n’est que de peine en peine Qu’on arrive à la fin de ses jours agités. Ainsi de l’Océan l’onde amère & sauvage ; Remuée en tous sens par le fouet de l’orage, Elle écume, bouillonne & n’expire au rivage Qu’en flots plaintifs & tourmentés.
O mer ! que sur ta sombre face Les feux purs du soleil nous luisent rarement ! Même quand, sous les cieux éclaircis, la bonace De l’orage efface la trace Et permet à la noire masse De refléter l’azur, ah ! ce n’est qu’un moment ; Le vent du sort mauvais bientôt avec furie Se relève, & des coups de son aile ennemie Pousse sur un écueil l’esquif de notre vie Et l’y fracasse horriblement.