French poem
Tcheragan
C’est un chat noir, il est prince persan; Il aime trop le sang Pour me plaire... (Il ne méprise pas le lait.) Vous me dites que Baudelaire L’aurait mieux compris? Je ne sais. --Il se peut que l’on trouve en Chine, En Malaisie, (ou bien ailleurs), Ce même air de bourreau railleur Et d’aussi longs frémissements d’échine; Allez-y voir! mais quand il lèche, Sadiquement, à petits coups Mesurés de sa langue rêche, La plaie D’un oiseau palpitant, que voulez-vous! Mon chat m’effraie! Puis il me prend par cette patte qu’il allonge Et retire, par le mystère de ses songes Et, mieux encor, par ce grand amour de la nuit Qui me le fait aimer quand j’ai si peur de lui.