French poem
28 (A sad amorous flame…)
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
A sad amorous flame Consumes my heart’s core Oh the peace of my bosom Is lost evermore, (Goëthe, trans.) Si tu vois une fleur, que le zéphyr délaisse, Mourir à son matin sans baiser ni caresse, Pense à moi, pense à moi ! Et si tu plains l’oiseau que le vent ou l’orage Égara loin du nid qui berça son jeune âge, Pense à moi, pense à moi !
Si tu vois un front pâle où languit la jeunesse, S’incliner sous le poids d’une vague tristesse, Pense à moi, pense à moi ! Et, sensible à l’accent de quelque voix aimante, Si tu l’entends au ciel demander une amante, Pense à moi, pense à moi !
Si d’un triste exilé quelque beauté frivole Repoussait devant toi l’amoureuse parole, Pense à moi, pense à moi ! Et si tu vois alors ce fils d’un autre monde Au ciel lever des yeux que la douleur inonde, Pense à moi, pense à moi !
Si tu vois quelque jour une funèbre pierre Où nul ne vient porter ses fleurs ni sa prière, Pense à moi, pense à moi ! Et sur la tombe où gît la dépouille endormie, Si tu trouves ces mots : « Il n’eut jamais d’amie ! » Pense à moi, pense à moi !