Versos French Auguste Lacaussade L’Amour piqué par une abeille

French poem

L’Amour piqué par une abeille

by (1815–1897)

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Cueillant des fleurs, Éros ne vit pas, un matin, Dans le sein d’une rose une abeille endormie : L’abeille lui piqua la main. Aussitôt l’enfant-dieu fuit la mouche ennemie, Et jetant là son frais butin, Et criant, et courant, la figure éplorée, Vers la charmante Cythérée : « Ma mère, je me meurs, dit-il, je suis perdu ! Un petit serpent m’a mordu, Serpent ailé, de ceux qui vont par les campagnes, Volant des frais vallons aux cimes des montagnes, Pillant partout le suc des fleurs, Et que parmi les laboureurs On connaît sous le nom d’abeilles. » Et Cypris, souriant de ses lèvres vermeilles, Répond à l’enfant courroucé : « Si d’une abeille la piqûre Fait tant souffrir, Éros, juge du mal qu’endure Le cœur que ta flèche a blessé. »